Je bosse, donc je suis?

Par • 23 mar, 2009 • Catégorie: Dernier Blogue, Le couple au quotidien

Les hommes seront les plus touchés par les pertes d’emploi qui sévissent un peu partout à travers le monde. Dans 80% des cas, c’est eux plus que leurs femmes qui se reprendront le chemin vers la maison. La semaine dernière, Paul Arcand rapportait que dans un reportage à la chaîne américaine ABC, certaines femmes trouvaient leur homme moins intéressant et moins désirable depuis que celui-ci avait perdu son emploi. J’ai d’abord cru que c’était le problème financier sous-jacent qui affectait la passion amoureuse. Évidemment quand notre compte en banque rougit de plus en plus, difficile d’avoir l’esprit bien libre. Mais parait-il que le malaise ne se situait pas là. Selon le reportage, un homme à la maison – donc sans emploi - n’est pas attirant. Bon, bien sûr, si monsieur erre en pantoufles et en robe de chambre du matin au soir et flirte dangereusement avec une dépression, on peut comprendre que les flammes ne brillent plus autant. Mais s’il fait une part (une nouvelle, peut-être!) dans la maison, qu’il s’occupe du souper, se cherche un nouveau boulot et maintient le cap avec optimiste, qu’est-ce son nouveau statut d’homme au foyer change vraiment à qui il est?  

Que se produit-il sur le chemin entre le boulot et la maison? Devient-on quelqu’un d’autre quand on ne travaille plus et qu’on reste, pour un certain temps, à la maison? Cette réflexion ramène celle sur les mères qui décident de rester à la maison par choix et qui doivent bien trop souvent se justifier auprès de leur entourage. Est-ce que notre emploi nous définit? Existe-t-on nous que pour notre travail? Après une mise à pied, sommes-nous relégués sur une voie secondaire, voire parallèle, hors de la société? Devenons-nous moins intéressant pour les autres? Moins désirable pour notre partenaire? Le constat semble lourd.

Qu’en pensez-vous?

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